E itaskweak, une nouvelle plateforme numérique pour conserver la mémoire du territoire d’Opitciwan
Photo courtoisie Le Conseil des Atikamekw d’Opitciwan a récemment lancé E itaskweak, une nouvelle plateforme numérique issue d’un un projet culturel et participatif.
Elle diffuse des connaissances sur le village, le territoire, la culture, la mémoire et les expériences des membres de la communauté. On y retrouve huit sections qui font découvrir Opitciwan. Certaines sont accessibles au grand public et d’autres seront réservées aux écoles et enseignements oraux dans la communauté. Une des sections trace d’ailleurs l’histoire d’Opitciwan à travers les années. Des photos documentent le tout.
C’est en 2009 qu’ont eu lieu les premières réflexions en lien avec ce projet pour mettre en valeur le territoire et ses liens avec la culture. Alors que le projet a commencé à se préciser entre 2015 et 2017 sous la direction des services de l’éducation d’Opitciwan, on a commencé à recueillir des connaissances dès 2020.
Près d’une centaine de jeunes, d’adultes et d’Aînés d’Opitciwan ont ainsi participé aux différentes étapes de la démarche.
Quant au terme « e itaskweak », il touche tout ce qui forme la forêt, les plantes, les animaux et le territoire.
« Au fil du projet, des activités réalisées avec des adolescents, des adultes et des Aînés ont permis de documenter le territoire sous différentes formes : photographies, dessins, cartes, mots, témoignages, récits et connaissances issues de l’expérience vécue. Des élèves de l’École secondaire Mikisiw ont notamment participé à plusieurs activités portant sur le village, les couleurs de la forêt et la réflexion intergénérationnelle avec les Aînés. Des récits d’expéditions, des activités de cartographie et des ateliers sur les milieux naturels ont également contribué au contenu aujourd’hui réuni dans la plateforme », explique le Conseil des Atikamekw d’Opitciwan, qui porte le projet de plateforme.
La Chaire en paysage et en environnement de l’Université de Montréal a accompagné les promoteurs pour l’aspect scientifique alors que plusieurs autres organismes ont apporté leur soutien.
On voudra qu’E itaskweak soit évolutive, afin que la plateforme préserve « la mémoire des lieux et de leurs usages, rendre accessibles des archives et des données cartographiques, documentaires, visuelles et sonores, soutenir des activités pédagogiques, artistiques et culturelles et favoriser les liens intergénérationnels et familiaux ».
Lors du récent lancement, des jeunes, des aînés ainsi que des collaborateurs et partenaires ont partagé un dîner communautaire, après la cérémonie officielle.
«E itaskweak appartient d’abord à notre communauté. Cette plateforme a été conçue conjointement par les services de l’éducation, du territoire et de l’aménagement communautaire du Conseil des Atikamekw d’Opitciwan. Derrière cette plateforme, il y a les connaissances de nos Aînés, les expériences de nos familles, la participation de nos jeunes et le travail de nombreuses personnes qui ont voulu transmettre ce qu’elles connaissent de notre village et de notre territoire. Avec ce nouvel outil, nous voulons que cette mémoire demeure vivante et qu’elle puisse continuer d’être découverte, utilisée et enrichie par les prochaines générations », a dit Jean-Claude Méquish, chef du conseil des Atikamekw d’Opitciwan.
« E itaskweak a également une importante vocation éducative. La plateforme, développée par et pour notre communauté, vise notamment à renforcer chez les jeunes le lien avec l’héritage ancestral et leur identité, à leur faire découvrir la grandeur du territoire et ses usages, et à leur permettre de documenter leurs propres observations par l’image, les mots et la création artistique. Elle pourra progressivement être utilisée par les enseignants et intégrée aux apprentissages dans les écoles d’Opitciwan», ajoute Anne Ardouin, chargée de projet au Secteur Éducation, au conseil des Atikamekw d’Opitciwan.
« Au premier abord, ce qui nous marque lorsqu’on se rend à Opitciwan, c’est l’immensité du territoire. C’est une expérience fascinante, mais notre regard reste celui d’une personne extérieure. Or, ce projet nous a donné l’occasion d’échanger avec les membres de la communauté et de porter une attention aux nombreux récits et représentations que porte la communauté d’Opitciwan sur son territoire, de comprendre un peu mieux ce territoire de l’intérieur… et c’est en soi, une très grande leçon de paysage. », conclut Sylvain Paquette, titulaire, Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal.
