Nouvelle tarification du bois : « c’est totalement inacceptable »
Plusieurs emplois ont été perdus dans le cadre de la crise de l'industrie forestière. (Photo : Unsplash) Le conseil d’agglomération de La Tuque n’accepte pas la nouvelle tarification des bois récoltés en forêt publique découlant du projet de loi 11 et de l’abolition du Bureau de mise en marché des bois. Il le fait savoir au gouvernement du Québec.
Cette nouvelle méthode de tarification fera mal à l’industrie forestière de la Haute-Mauricie, estime le maire, Pierre Pacarar.
Il va plus loin : la nouvelle tarification cible particulièrement la Mauricie, estime-t-il. Selon lui, une augmentation de 5$ du mètre cube pourrait se traduire par des hausses majeures pour l’industrie forestière : « Quand on en coupe 2 millions par année, faites votre calcul», s’indigne le maire.
Selon ce dernier, cette nouvelle méthode d’indexation sera déstabilisante pour l’industrie et elle est totalement inacceptable.
« La tarification prévoit une indexation mensuelle plutôt que trimestrielle. Elle est dorénavant basée sur des indicateurs économiques et financiers, tout en assurant un revenu minimal à l’État pour permettre la réalisation d’activités d’aménagement dont la remise en production des superficies récoltées », a écrit, dans une lettre, le sous-ministre associé au ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Jean François Béland. Ce dernier a chiffré le taux moyen provincial du sapin, épinette et pin gris, qui passera de 9,46 $/m3 pour la période d’avril à juin à 11,84 $/m3, en septembre.
Selon M. Pacarar, cet état de fait explique la sortie, la semaine dernière, de la Table de la première économie qui regroupe des intervenants municipaux, économiques, atikamekw et de l’industrie forestière.
«Le ministère a moins de revenus des coupes forestières parce qu’ailleurs ça ne coupe pas. Puis ils se disent : « Bon ben, ça coupe en Mauricie, on va faire notre argent en Maurice». Ce n’est pas une façon de faire au Québec. Savez-vous c’est quoi l’augmentation en Ontario ? Zéro, pis une barre. M. Ford était très clair, il n’y aura pas d’augmentation, il n’y en aura pas tant qu’on est dans la misère où on est présentement», tonne le maire.
Le conseil d’agglomération a demandé qu’aucune nouvelle hausse ne soit imposée tant qu’on n’aura pas révisé complètement la méthode de tarification, en collaboration avec l’industrie forestière, les travailleurs, les communautés et les municipalités concernées.
« Cette augmentation survient dans un contexte où les entreprises doivent déjà composer avec une conjoncture économique défavorable, les droits de douane, la faiblesse de certains marchés, l’augmentation des coûts d’exploitation ainsi que les grandes distances de transport propres à la Haute- Mauricie», peut-on lire dans la résolution adoptée mardi.
En plus de mesures pour assurer la prévisibilité des coûts d’approvisionnement, le conseil a aussi demandé une rencontre urgente avec le ministre des Ressources naturelles et des Forêts pour discuter de la situation que vit la Haute-Mauricie et des mesures pour assurer la survie de son industrie forestière.
M. Pacarar a ajouté qu’il n’était pas sur place au moment de la visite de la première ministre Christine Fréchette, la semaine dernière, à Rivière-aux-Rats. La ville n’avait pas été invitée : « C’est évident qu’on aurait bien aimé recevoir Mme Fréchette pour lui expliquer ce qui se passe de façon détaillée, de façon posée, pour que, je suis confiant, qu’elle puisse faire un geste. On n’a malheureusement pas eu cette opportunité-là. Donc, à défaut d’avoir cette opportunité, on se sert de la tribune de ce soir de façon officielle pour expliquer notre position et demander qu’on agisse. Je connais des gens qui ont fait une banqueroute. Je ne veux pas qu’arrive le même sort à la machine numéro 3, qui est arrivé à la machine numéro 4 (Smurfit WestRock) ».
Les trois candidats qui ont participé au débat de lundi à La Tuque ont été rencontrés par la ville afin d’être sensibilisés à la question.