Attaques de chiens | des citoyens demandent une réglementation plus sévère
Photo Istock Des résidents de La Tuque ont demandé à la ville d’adopter un règlement régissant les chiens dangereux, lors de l’assemblée du conseil municipal.
Kathleen Bélanger a raconté que sa mère a promené deux chiens le long de la piste cyclable le 27 août, lors de sa marche quotidienne. Tous deux étaient tenus en laisse au moment où un rottweiler s’est précipité sur eux. La dame a été renversée au sol en plus d’être mordue au bras et aux mains, ce qui lui a fait subir plusieurs lacérations. Elle a été transportée à l’hôpital en ambulance. Puis, malgré les tentatives de la vétérinaire pour le sauver, un des deux chiens a dû être euthanasié le soir même tant ses blessures étaient grave.
« Selon les informations qui nous ont été transmises, ce même chien aurait mordu une autre dame environ deux semaines auparavant. Une plainte aurait été déposée, une obligation de muselière aurait été imposée au propriétaire. Cette obligation n’aurait pas été respectée », a déploré Kathleen Bélanger.
Celle-ci, accompagnée de son frère Daniel, a demandé au Conseil de ville de revoir le règlement municipal actuel.
« Nous proposons à la ville de La Tuque de créer une catégorie réglementaire particulière pour les chiens à risque accru et les chiens potentiellement dangereux. Cette catégorie pourrait comprendre certains chiens appartenant à des races ou types que la ville juge approprié d’encadrer plus sévèrement », poursuit Mme Bélanger. Selon ce qu’elle suggère, tout propriétaire d’un chien appartenant à cette catégorie devrait obtenir annuellement un permis municipal spécial. Sa délivrance et son renouvellement seraient conditionnels au respect de mesures de sécurité, tel un examen d’obéissance, une évaluation comportementale, une laisse et une muselière.
Nancy Harvey dit avoir été attaquée précédemment par le même animal que celui qui a sévi sur la mère de Mme Bélanger et ses chiens. « Je suis allée pour porter plainte à la SQ et on m’a dit que on ne prenait pas les plaintes, à moins d’un bras arraché (…) Je garde toujours en tête que tantôt, ça va être le visage d’un enfant, peut-être ma petite fille. Puis ça, je ne l’accepterai pas (… ) N’attendons pas des deuxièmes événements, avant de faire quelque chose », a-t-elle lancé aux élus.
Le directeur général de la Ville de La Tuque, Jean-Sébastien Poirier, a précisé que deux chiens au centre de récentes attaques ont été euthanasiés.
Quant à Kathleen Bélanger, elle a affirmé à mon La Tuque qu’elle était satisfaite de l’accueil réservé par les élus à son intervention. Elle a tenu à préciser que sa démarche n’était pas à l’encontre des propriétaires de chiens qui agissent correctement.
La ville veut agir
Le maire, Pierre Pacarar, a promis d’agir le plus rapidement possible : « je vous avoue qu’on est pris entre les droits des animaux et les droits des humains. Par contre, nous nous avez donné plusieurs pistes de réflexion et c’est certain qu’on va aller les regarder. Je pense que l’événement tragique qui est survenu met justement l’emphase, met de l’urgence sur l’action.
Le maire ajoute qu’il trouve désolant que le propriétaire de ce chien n’ait pas compris et n’ait pas appliqué les règlements : « il faut travailler sur la prévention ».
Quant aux blessures physiques de la dame impliquée dans l’agression, elles guérissent tranquillement, mais il lui faudra vivre avec les séquelles psychologiques d’un tel événement.
Règlement sur les pitbulls
Interrogé par Monlatuque, le directeur général de la Ville, Jean-Sébastien Poirier, a fait savoir que l’ancien règlement adopté dans les années 2000, qui interdisait les pitbulls et autres types de chiens jugés plus dangereux dans les limites de la ville, n’est plus en vigueur en raison d’une législation du gouvernement du Québec.
« Québec a enlevé la possibilité aux villes de prohiber certaines races de chiens qui pouvaient avoir certains antécédents d’agression. Oui, on l’avait dans un vieux règlement. Ce règlement-là, il a été écrasé par des modifications législatives que Québec a faites pour l’ensemble des municipalités du Québec ».