Santé | Ville de La Tuque demande une reconnaissance de région éloignée
Le Conseil d'agglomération de La Tuque. Photo Michel Scarpino - Monlatuque.com Le conseil d’agglomération de La Tuque demande à Santé Québec que la Haute-Mauricie puisse être considérée comme région éloignée en matière de santé, devant les bris de service occasionnés par la pénurie de personnel infirmier.
Une missive a été envoyée à Maryse Poupart, vice-présidente aux opérations chez Santé Québec. Le maire Pierre Pacarar l’avait d’ailleurs rencontrée dernièrement afin de la mettre au fait de la pénurie de main-d’œuvre, notamment chez le personnel infirmier de la région de La Tuque, puisque le Centre naissance famille est fermé depuis le mois d’avril et le sera jusqu’en septembre. Une telle reconnaissance, estime la ville, pourrait bonifier les conditions de travail pour faciliter la rétention de personnel infirmier ou de personnel de soutien en Haute-Mauricie.
« Les femmes enceintes du Haut-Saint-Maurice doivent ainsi se rendre à Shawinigan pour accoucher. Cette situation entraîne des déplacements importants, parfois dans des conditions routières difficiles, et suscite une inquiétude accrue lorsque le travail débute rapidement. Elle occasionne également des frais supplémentaires, une désorganisation familiale et un éloignement du réseau de soutien au moment où les familles en ont le plus besoin», exprime la ville.
En plus d’exercer une pression additionnelle sur les services ambulanciers, la situation accentue aussi les inégalités d’accès aux soins pour les femmes qui vivent en région éloignée, estime La Tuque.
« Ce n’est donc pas l’absence d’une équipe médicale d’installation ou d’équipement qui empêche le maintien du service, mais bien la difficulté à recruter et à retenir un nombre suffisant d’infirmières qualifiées en obstétrique ».
La lettre précise que dans le cas particulier de l’obstétrique, une femme provenant de Wemotaci ou de Parent doit effectuer un déplacement supplémentaire pour d’abord se rendre à La Tuque. La Tuque déplore que la fermeture du service ne touche pas que les citoyens du noyau urbain, mais l’ensemble de la population y compris les Premières nations pour lesquels l’établissement représente un point d’accès essentiel aux soins hospitaliers.
« Les difficultés de recrutement et de rétention à La Tuque sont importantes et persistantes. Notre milieu doit composer, avec un bassin local de main-d’œuvre limité, une difficulté à attirer du personnel provenant de l’extérieur et une capacité réduite de remplacement lors d’absence de congé ou de départ. La concurrence avec les établissements de grands centres, les longues distances, les enjeux liés au logement et la nécessité de déménager pour occuper un poste à La Tuque constituent également des obstacles importants. Cette réalité exerce une pression considérable sur les équipes déjà en place. Elle peut entraîner un recours accru au temps supplémentaire, une instabilité dans les horaires et une difficulté à maintenir les expertises spécialisées contrairement aux établissements situés dans les grands centres, La Tuque ne peut pas facilement compter sur les ressources d’un établissement voisin», peut-on aussi lire dans la lettre.
De plus, souligne le maire, une gynécologue est sur place, la Fondation pour la santé est en mesure de procurer des équipements, mais aucun accouchement ne peut être effectué à La Tuque, faute de personnel de soutien.
« On a été très choyé d’avoir une demi-heure avec la numéro 2 de Santé Québec pour discuter juste de nous. C’est une chance inouïe et j’espère bien qu’on puisse voir des développements au cours des prochaines semaines et des prochains mois », a souhaité M. Pacarar, qui ajoutait que Mme Poupart était familière avec les réalités d’une région comme celle de La Tuque, puisqu’elle a déjà œuvré dans Lanaudière où on retrouve la communauté atikamekw de Manawan.
Le maire précisait qu’il a rencontré la ministre Kateri Champagne Jourdain qui était récemment de passage à La Tuque pour lui demander d’intervenir auprès de sa collègue ministre de la santé, Sonia Bélanger.
Devant la demande de reconnaissance de région éloignée, il espère un dénouement qui fasse en sorte que des bonifications, des conditions de travail améliorées puissent assurer un nombre suffisant de professionnels de soutien dans les services de santé à La Tuque.