Cartographie des zones inondables | La Tuque veut que Québec accélère la cadence

Michel Scarpino | 23 juillet 2026 | 05:45
Photo Michel Scarpino - Monlatuque.com

Le conseil d’agglomération de Ville de La Tuque tape du pied dans le dossier de la cartographie des zones inondables sur son territoire, particulièrement en ce qui concerne la rivière Croche. Des citoyens aussi.

Dans une résolution adoptée en assemblée lundi, les élus ont pressé le gouvernement du Québec d’accélérer la production, la validation et la diffusion de la cartographie des zones inondables sur le territoire de l’agglomération.

Ils veulent aussi un échéancier clair et public concernant la publication des cartes touchant le territoire municipal et une collaboration étroite pour permettre une transition harmonieuse vers le nouveau cadre réglementaire.

En attendant de connaître la nouvelle cartographie des zones inondables, la ville a demandé aux résidents du secteur de la rivière Croche de mettre sur pause des projets de rénovation.

Sous l’initiative de Marie-Soleil Weizineau et Tommy Leclerc une pétition de 25 signatures a été acheminée au conseil dans laquelle on s’oppose au caractère restrictif de cette directive.

M. Leclerc a expliqué que son établissement, la pourvoirie Domaine Sylva, reçoit 90% d’une clientèle qui provient de l’extérieur du Québec et qu’il a des projets d’expansion, avec la construction d’un à trois chalets.

« De plus, l’incertitude et les contraintes qu’il engendre crée de l’anxiété et de nombreuses inquiétudes quant à la perte potentielle de valeur des propriétés et des entreprises concernées», peut-on lire dans la lettre acheminée au conseil.

On s’explique mal le fait que leur secteur, soit celui de la rivière Croche, près de l’embouchure de la rivière Saint-Maurice est visé par le règlement alors qu’il n’a jamais été inondé et qu’il n’y a pas de dépôt de billes de bois provenant de l’époque de la drave. Ils estiment que plusieurs habitations sont loin des cours d’eau.

«On est sur le Saint-Maurice et on est impacté autant que si on était sur la rivière Croche. Ma maison, en ligne droite, doit être à 600, 700 mètres de la rivière Saint-Maurice. On est bien inquiets de l’impact, juste le mot zone inondable. C’est comme des zones inondables inventées, tout le monde a été mis dans le même paquet, sans faire de distinction », a dit M. Leclerc devant le conseil d’agglomération, lundi.

Le maire Pierre Pacarar trouve désolante la situation, alors qu’il rappelait que des cartes et la réglementation sont en préparation pour l’ensemble des rivières québécoises. Il lance que le cas de la rivière Croche doit être prioritaire, puisqu’elle fait partie de 15% des rivières qui sont mobiles.

«On était dans une situation difficile où, si on continuait à permettre des constructions, on pourrait se retrouver avec une situation où les gens auraient eu à faire des modifications importantes. Et évidemment c’est ville de La Tuque qui auraient donné le  permis. Donc, l’ensemble des citoyens auraient été responsables des permissions que la ville a données. Donc, on s’est tourné vers les FQM (Fédération québécoise des municipalités) avec leurs experts au niveau hydrique pour être capable de nous donner conseil», a précisé le maire.