Atténuation des risques des feux de forêt | pour rendre La Tuque plus résiliente
Alexandre Bilodeau, directeur adjoint du service des incendies de La Tuque, Olivier Gobeil, conseiller en atténuation de risques à la Sopfeu et Hélène Langlais, cheffe de service aux communications à la ville de La Tuque. Photo Michel Scarpino - Monlatuque.com Ville de La Tuque et la SOPFEU ont présenté lundi une assemblée d’informations qui a permis de mieux connaître le projet d’atténuation des risques des feux de forêt.
C’est en 2023, au moment où il y avait une quantité record d’incendies forestiers que la réflexion a débuté, alors que 200 feux ont éclaté dans une période de moins de 24 heures, allumés par la foudre, sans pluie.
Autant la SOPFEU que la ville de La Tuque ont leurs limites et on a souhaité travailler en amont afin de rendre les communautés plus résilientes. C’est pour cette raison que La Tuque a été choisie, une subvention a été versée afin de préparer ce projet. En toile de fond, on relevait aussi les incendies de 2010, où la communauté de Wemotaci avait été évacuée. Mentionnons que la SOPFEU a été mandatée par le ministère de la Sécurité intérieure pour assister les communautés.
Une grande réflexion en a découlé. «Il n’y a jamais eu d’analyse comme ça dans le passé. On se rend compte qu’il y avait beaucoup de vulnérabilité, que ce soit des infrastructures menacées, des quartiers résidentiels plus exposés, qu’on avait plus ou moins cette réflexion-là, il y a dix ou quinze ans», mentionne Alexandre Bilodeau, directeur adjoint du service des incendies de La Tuque.
Ville de La Tuque a placé de l’information sur le web.
Des sites où auront lieu des travaux
Le projet d’atténuation des risques vise particulièrement des quartiers et des installations situés près de la forêt. Plus d’une dizaine de villégiateurs étaient présents lors de cette séance et ils ont pu en apprendre davantage sur les moyens de protéger leurs propriétés.
Aussi, une quinzaine de sites ont été retenus, autour desquels des travaux de déboisement seront effectués dès 2027 afin de diminuer les risques, si un incendie éclatait à proximité. 14 sites sont dans le périmètre du centre-ville de La Tuque en plus d’un à Carignan, deux à la Bostonnais, trois à Lac-Édouard, sept à Parent et trois à Clova. Il s’agit principalement de tours de communication, de réservoir d’hydrocarbures, de résidences, de camps forestiers, de bâtiments stratégiques ou du secteur où on retrouve des batteries Evlo, à Parent.
Une préparation municipale en sécurité civile avait été effectuée au fil des dernières semaines. Au début juin, on a effectué une simulation de feux de forêts majeures alors que La Tuque a été retenue pour un exercice de la Régie d’intervention d’urgence en sécurité civile (RIUSC). Un entraînement opérationnel annuel permet de maintenir à jour des méthodes et technique de combat d’incendie forestier.
Des conifères ont été retirés de même que du bois mort au sol, autour du poste de la Sûreté du Québec, afin de mieux gérer d’éventuels combustibles. L’opération était importante afin de protéger cette infrastructure essentielle. On estime que 80% du travail est complété et il ne s’agit pas d’une coupe à blanc.
Dans le cas de sites localisés sur des terres privées, on devra demander l’autorisation des citoyens.
Alors que des zones périurbaines ont été identifiées, les villégiateurs ou les gens qui demeurent près de la forêt seront invités à poser des gestes pour diminuer les risques, comme de réduire le nombre d’arbres combustibles comme des conifères. Parmi les recommandations générales, on incite à conserver les essences feuillues, à éliminer les conifères de petite taille (moins de 10 cm de diamètre) et réduire la densité des conifères restants.
Ville forêt
L’expression « ville forêt » est de plus en plus utilisée pour définir La Tuque. Au fil des analyses qui ont été effectuées, on relève que l’est et l’ouest de la région ne sont pas constitués des mêmes essences d’arbres. On retrouve davantage des essences feuillues mixtes à l’est dont La Bostonnais et Lac-Édouard, alors qu’il y a davantage de résineux à l’ouest du territoire.
Parmi les causes d’incendies forestiers, 80% sont de cause humaine alors que les 20% restants sont provoqués par la foudre. Aussi, avec la thématique «le premier responsable, c’est toi», on souhaite une réduction de 75% risques en adoptant les bons gestes.
L’objectif de l’opération menée par la ville de La Tuque et la SOPFEU en est un de sensibilisation. «Nous, on est ici pour divulguer les outils, les meilleures méthodes, aux résidents qui sont en secteur de villégiature ou même ceux qui sont plus en ville, mais proches de la forêt, les moyens qui peuvent être pris pour protéger leurs bâtiments face aux végétations. Le choix reste libre à tous et chacun. Mais nous, ceux qui sont intéressés à aller de l’avant pour se protéger, on leur donne des conseils», mentionne Olivier Gobeil, conseiller en atténuation de risque à la SOPFEU.