Dossier santé numérique: Bélanger se réserve le droit de stopper les projets pilotes

La Presse Canadienne | 21 avril 2026 | 19:19
Prestation de serment de la ministre de la Santé du Québec, Sonia Bélanger, le 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Le gouvernement Fréchette se garde un droit de veto sur la mise en place le 9 mai dans deux régions du Dossier santé numérique (DSN), le virage numérique controversé du réseau mené par l’agence Santé Québec.

Deux Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) doivent mettre en place un projet pilote à compter du 9 mai, en Mauricie et dans le nord de l’île de Montréal, mais des professionnels de la santé ont tiré la sonnette d’alarme en raison de plusieurs ratés.

En entrevue avec La Presse Canadienne mardi, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a indiqué qu’elle pourra stopper les projets pilotes. 

«Je serai en mesure de donner un ‘go’ ou un ‘no go’ pour la mise en place le 9 mai prochain», a-t-elle déclaré à l’agora de l’Assemblée nationale, en marge de la prestation de serment du conseil des ministres du gouvernement Fréchette.  

Mme Bélanger a assuré qu’elle suit le dossier quotidiennement, qu’elle rencontre chaque semaine Santé Québec pour discuter de l’avancement du chantier et que la première ministre Christine Fréchette est aussi au courant. 

«On est sur la bonne voie en matière de préparation», a-t-elle soutenu.  

La ministre a parlé d’un «changement radical, majeur», qui implique l’intégration de 4000 systèmes en un seul.

Au cours des derniers jours, l’agence Santé Québec a tenté de se faire rassurante sur l’avancement du DSN, cependant le Parti québécois (PQ) réclame un temps d’arrêt et de convoquer Santé Québec en commission parlementaire. 

«Tous les professionnels, que ce soient les médecins, que ce soient les inhalothérapeutes, que ce soient différents groupes, nous disent: ‘dans mon domaine, je vois ça comme étant un grand risque pour la continuité des soins et pour la santé des gens’», a évoqué le député péquiste Joël Arseneau, en mêlée de presse au parlement mardi matin.

«Nous, on dit qu’on ne peut pas prendre ce risque-là», a-t-il ajouté. 

Selon lui, il faut prendre une pause et demander à Santé Québec «où ils en sont rendus, quel est l’état de la situation, qu’ils répondent aux préoccupations des gens et qu’ils nous disent quel est le plan de contingence pour qu’on sache où on s’en va».

De son côté, le Parti libéral du Québec (PLQ) veut mettre en place trois «conditions gagnantes», pour reprendre les mots du député libéral Monsef Derraji. 

Ce dernier réclame que l’entreprise responsable du système déploie davantage de personnel pour aider les utilisateurs. Aussi, le PLQ veut des ressources supplémentaires dans les centres d’assistance pour gérer les problèmes informatiques.

Enfin, les libéraux demandent un plan «précis et clair» pour la reprise des chirurgies qui pourraient être annulées ou retardées en raison du déploiement du DSN. 

«Cela émane des discussions que j’aie eues avec le personnel le soignant», a justifié M. Derraji.