Les Ouellet | famille agricole de l’année à la Soirée des Gens de Terre et Saveurs

Michel Scarpino | 21 avril 2026 | 08:25
Photo courtoisie

La ferme Stéphane Ouellet de La Bostonnais a été choisie comme la famille agricole de l’année à l’occasion de la 12e Soirée des Gens de Terre et Saveurs, de l’Union des producteurs agricoles de la Mauricie.

L’événement qui se tient chaque année réunit des producteurs, partenaires, des élus pour célébrer l’excellence de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

En tout, neuf lauréats et entreprises ont été récompensés au terme de cet événement. L’édition 2026 s’inscrivait dans le contexte de l’Année internationale des agricultrices qui a été programmée par l’Organisation des Nations Unies. L’Initiative mondiale veut reconnaître le rôle essentiel des femmes en agroalimentaire et encourager une plus grande équité.

«Cette année, plus que jamais, nous avons voulu mettre en lumière la contribution essentielle des agricultrices, tout en rappelant que l’agriculture est une œuvre collective. Derrière chaque entreprise, il y a des femmes et des hommes engagés, passionnés et ancrés dans leur communauté», affirme Martin Marcouiller, président de l’UPA Mauricie.

Depuis 2013, cette soirée a permis de reconnaître le travail de plus de 165 lauréats du milieu agricole et agroalimentaire.

Un honneur pour toute la région

Des gens de partout dans la région ont salué cet important honneur. «On ne fait pas ça pour avoir des prix, mais on le fait avec le cœur. Mais c’est sûr que c’est le fun de voir que notre travail a une reconnaissance», estime Nicole Therrien.

Stéphane Ouellet insiste, toute la famille est impliquée dans les travaux sur la ferme. Les enfants baignent dans cet univers depuis qu’ils sont tout petits et collaborent aux travaux : « Il faut le mentionner, c’est un travail collectif d’équipe, un travail d’une grosse équipe, parce que ça ne repose pas juste sur une ou deux personnes».

Emmanuelle Ouellet représente d’ailleurs la relève pour la ferme familiale. Elle a d’ailleurs su en 2014 que c’est ce qu’elle voulait faire dans la vie, ayant eu la piqûre toute jeune.

«J’ai commencé à avoir des petits moutons. C’est une expérience qui, finalement, n’est pas devenue mon expérience de vie. Mais ça m’a fait goûter à ça, puis j’en ai gardé de bons souvenirs, et j’ai voulu reprendre la ferme, mais j’ai changé un peu l’alignement, parce qu’on était juste à la grande culture. J’ai décidé que je voulais avoir des vaches aussi». Une vingtaine de vaches s’est ajoutée aux projets de la ferme à partir de 2020. Emmanuelle Ouellet détient un DEP en production animale du Centre de formation professionnelle de Coaticook et voit avec enthousiasme l’avenir de la ferme.

Cette entreprise familiale de troisième génération est d’ailleurs certifiée biologique depuis 2008. Elle a obtenu cette certification en raison de la céréale biologique qui y est produite. «On faisait de l’avoine au tout début, on a inclus le seigle et le soja. Et c’est un peu cocasse, parce que le soja, on n’en avait jamais fait ici à La Tuque. Pour les agronomes, c’était un peu osé de tenter ça dans un climat aussi nordique. Force est de constater que, dans le fond, on a réussi depuis ces années-là, 2012, à avoir une production céréalière de soja. On n’a pas les mêmes rendements qu’on pourrait avoir dans le sud de la province, les variétés sont différentes. Mais on a quand même relevé le défi de produire du soja en Haute-Maurice», relate fièrement Stéphane Ouellet. 

Plusieurs distinctions

Ce n’est pas le premier prix que les Ouellet remportent. En 2013, ils décrochent le prix des agriculteurs d’exception et en 2019, Emmanuelle Ouellet est nommée employée de l’année.

En 1959, le grand-père, Laurent, reçoit la médaille de bronze du Mérite du défricheur. Trois ans plus tard, il met la main sur la médaille d’argent passant très près de l’or. C’est d’ailleurs ce dernier qui a mis la ferme sur pied cette ferme qui est devenue une entreprise familiale.

«C’est mon grand-père qui a défriché ces lopins de terre là. Et puis mon père a pris par la suite la ferme qui était une ferme laitière, qui produisait aussi du porc et qui faisait la mise en marché du bœuf. Il faisait de la viande, il y avait un abattoir qu’on appelait dans le temps classe B, de proximité », résume M. Ouellet. Ce dernier a repris les opérations de la ferme au début des années 2000.