Articles récents
Articles récents
Les conservateurs questionnent l’éthique de Champagne dans le projet de TGV
De gauche à droite, les députés conservateurs Andrew Scheer, Luc Berthold et Michael Barrett tiennent une conférence de presse sur la colline du Parlement à Ottawa, le jeudi 16 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Les conservateurs accusent les libéraux de tenter d’empêcher un comité d’interroger le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, sur ses liens avec le projet de train à grande vitesse.
La compagne de M. Champagne, Anne-Marie Gaudet, est vice-présidente chez Alto, la société d’État responsable du projet ferroviaire de 90 milliards $ qui relierait Toronto à Québec. Elle a été embauchée en août 2025.
Michael Barrett, porte-parole conservateur en matière d’éthique, a tenté de lancer une enquête au sein du comité sur l’éthique afin d’interroger M. Champagne, le chef de la direction d’Alto, Martin Imbleau, et le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Konrad von Finckenstein, sur la relation du ministre avec Mme Gaudet et les décisions qu’il a prises au sein du gouvernement depuis son embauche.
«Nous sommes confrontés à une obstruction parlementaire qui dure depuis plus de 12 heures, une obstruction libérale visant à bloquer la responsabilité élémentaire», a déclaré M. Barrett jeudi.
John Fragos, porte-parole du cabinet du ministre des Finances et du Revenu national, a déclaré dans un courriel qu’il appartenait aux comités parlementaires de se mettre d’accord sur les personnes qu’ils souhaitaient voir témoigner.
«Ce qui est déjà convenu, cependant, c’est que le ministre a agi de manière proactive et au-delà des directives énoncées dans la loi afin de se prémunir contre toute perception de conflit, a-t-il soutenu. Le commissaire lui-même en a conclu autant en août, affirmant: “Il n’y a aucun risque de conflit et aucun écran n’est nécessaire.”»
«Le ministre a néanmoins choisi de se récuser et a imposé une mesure de protection de manière proactive», a ajouté le porte-parole.
Après que des questions ont été soulevées dans les médias concernant les liens entre M. Champagne et Alto, le cabinet du ministre des Finances a rendu publique une lettre qu’il avait envoyée en septembre dernier au premier ministre Mark Carney et à M. von Finckenstein.
La lettre indique que M. Champagne mettait en place de manière proactive un dispositif de prévention des conflits d’intérêts «en raison d’un lien personnel avec une personne proche de moi au sein de l’organisation, afin de prévenir tout conflit d’intérêts réel ou perçu».
Le bureau de M. Champagne a déclaré que le ministre n’avait participé à aucune discussion ni pris aucune décision liée à Alto depuis lors. Son bureau a également précisé que le financement initial du projet avait été annoncé en février 2025 et alloué dans le budget principal de 2025, tout cela avant l’embauche de Mme Gaudet.
Un agent de conformité du bureau du commissaire à l’éthique a écrit à M. Champagne au début du mois pour lui indiquer qu’il n’y avait aucun risque de conflit d’intérêts, car «Alto est une société d’État responsable devant le Parlement par l’intermédiaire du ministre des Transports et, en tant que ministre des Finances, vous n’avez aucun pouvoir décisionnel en matière de ressources humaines chez Alto; vous n’avez pas la possibilité de favoriser les intérêts d’un employé spécifique d’Alto».
M. Barrett a officiellement demandé au commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique d’ouvrir une enquête.
Il a souligné que le gouvernement avait inclus une mesure législative visant à permettre la réalisation du projet Alto dans son projet de loi budgétaire omnibus, que M. Champagne a présenté et défendu au Parlement.
«Pourquoi le projet de loi relatif à la loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse n’a-t-il pas été présenté par le ministre des Transports plutôt que par le ministre des Finances?» a-t-il demandé.
La composition des comités
Lors de la dernière réunion du comité, les députés ont débattu pendant des heures, mais n’ont pas voté sur la question de savoir si le ministre devait comparaître pour répondre aux questions.
Les libéraux comptent quatre membres au sein du comité, tandis que les conservateurs en ont quatre et le Bloc québécois un. Cela signifie que les députés de l’opposition pourraient l’emporter sur les députés du gouvernement et demander que M. Champagne comparaisse.
«C’est le contraire de ce que le premier ministre a déclaré que les Canadiens devaient attendre des parlementaires en comités, et cela va à l’encontre de la responsabilité fondamentale que les Canadiens devraient exiger de tous les parlementaires», a déclaré M. Barrett jeudi.
Plus tôt cette semaine, M. Carney a déclaré aux journalistes que son nouveau gouvernement libéral majoritaire s’engagerait dans des débats sérieux et a accusé l’opposition de «se mettre en scène» et de faire obstruction au sein des comités.
Maintenant que les libéraux disposent d’une majorité, ils pourraient voter à la Chambre des communes pour modifier la composition des comités. Historiquement, les gouvernements majoritaires ont toujours détenu la majorité des sièges au sein des comités — une étape clé du processus législatif où les projets de loi sont examinés et amendés.