Le secteur forestier au cœur de la vision des partis politiques

La Presse Canadienne | 17 avril 2026 | 09:00
Discussion sur les engagements des principaux partis politiques québécois sur la gestion des forêts lors du congrès annuel de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) à l’Hôtel Universel de Rivière-du-Loup le 16 avril. Marie-Josée Roy, Initiative de journalisme local

Dans le cadre de son congrès annuel, la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) qui regroupe 200 membres, a invité les représentants des cinq principales formations politiques à présenter leurs visions respectives sur la gestion des forêts, un secteur qui emploie plus de 2 200 travailleurs à travers la province.

À l’Hôtel Universel de Rivière-du-Loup le 16 avril, plusieurs acteurs du milieu s’étaient donné rendez-vous pour écouter le point de vue des panélistes sur l’avenir de cette ressource naturelle qui a suscité de vives discussions au cours des derniers jours.

D’emblée, la présentatrice a tenu à préciser qu’il ne s’agissait nullement d’un débat, mais bien d’un survol des engagements des principaux partis politiques québécois sur la gestion des forêts. Ainsi, Catherine Morissette, pour le Parti conservateur, Martin Laroche chez Québec solidaire, Marie-Karlynn Laflamme du Parti québecois, André Fortin, chef de l’opposition officielle et chef parlementaire du Parti libéral du Québec et Jean-François Simard, ministre des Ressources naturelles et des Forêts de la Coalition Avenir Québec se sont commis devant une audience attentive.

Catherine Morissette, pour le Parti conservateur, a ouvert la marche en critiquant la complexité du régime forestier actuel. Elle a proposé de créer un guichet unique pour accélérer l’octroi des permis, une tâche administrative qui pèse lourd sur une industrie au chiffre d’affaires de 500 millions de dollars.

Martin Laroche a, de son côté, insisté sur la mise en place d’une approche axée sur la collaboration et la concertation en vue de moderniser le régime forestier. Car pour le Solidaire, il s’agit d’un processus «qui demande de s’entende sur des objectifs communs, tout en donnant un certain pouvoir aux acteurs qui sont généralement exclus de la prise de décision». Tandis qu’André Fortin du Parti libéral, a enchainé en rappelant que la forêt était le moteur de l’identité régionale.

L’actuel ministre des Ressources naturelles et des Forêts de la Coalition Avenir Québec, quant à lui, s’est quelque peu désengagé de la conversation en rappelant qu’étant donné que la première ministre était officiellement en poste depuis moins de 24 heures et qu’un remaniement ministériel prendrait place, qu’il n’était pas «en mesure de pouvoir prédire l’avenir et de s’engager sur des propositions électorales pour le prochain quinquennat».

Jean-François Simard a toutefois proposé de faire un court récapitulatif des actions qu’il a menées depuis son arrivée en poste, tout en mettant l’emphase sur les partenariats que son parti a développés avec l’industrie forestière et les peuples autochtones.

Pourtant, lors d’un entretien avec Info Dimanche à la sortie de la discussion, le grand chef du Conseil de la Nation atikamekw (CNA), Constant Awashish, a révélé qu’après avoir entendu beaucoup de paroles par le passé, qu’il restait encore du chemin à parcourir pour en arriver à un partenariat équitable entre le gouvernement et les Premières Nations. «Je constate sur le terrain qu’il y a eu de l’amélioration au cours des dernières années, mais on est encore très loin de la participation des Premières Nations dans les décisions et du sentiment d’appartenance des Premières Nations dans le développement économique.» Le grand chef croit fortement qu’il est temps pour les politiciens de passer de la parole à l’acte. «Il ne faut pas oublier que l’identité du Québec, c’est 500 ans de relations avec les Premières Nations. C’est là-dessus qu’il faut se baser et c’est là-dessus qu’il faut investir pour le futur», conclut-il.

À travers leur allocution, les cinq partis se sont toutefois rejoints sur un point: la nécessité de faire davantage confiance à l’expertise locale en écoutant les gens qui sont «sur le terrain». Que ce soit par la simplification administrative ou le renforcement des structures régionales, les candidats ont plaidé pour une gestion plus proche des intervenants concernés et surtout, plus loin des bureaux de la Capitale.

Dans l’assistance, de nombreuses questions resteront en suspend même après cet exercice de rhétorique qui s’est tenu à quelques mois des prochaines élections.