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Pierre Poilievre souhaite annuler le projet de train à grande vitesse
A Via Rail train is seen on tracks in the Montreal suburb of Beaconsfield as it heads out of the city on Friday, May 23, 2025. THE CANADIAN PRESS/Christinne Muschi Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, demande au gouvernement fédéral d’annuler le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Toronto et Québec.
S’adressant aux journalistes mardi à Peterborough, en Ontario, M. Poilievre a qualifié le projet de «gâchis» qui gaspillerait l’argent des contribuables.
«Les libéraux de M. Carney vont confisquer des terres agricoles et des propriétés privées, perturbant ainsi les communautés et nuisant à la qualité de vie des résidents qui ne pourront même pas utiliser le train, car il n’y aura aucun arrêt près de chez eux», a avancé M. Poilievre, qui était accompagné du député Philip Lawrence et de l’ancienne députée Michelle Ferreri.
Alto, la société d’État chargée de superviser le projet, estime que le coût total de celui-ci se situera entre 60 et 90 milliards $.
La construction de la première phase de cette ligne ferroviaire de 1000 kilomètres, reliant Montréal à Ottawa, devrait commencer en 2029 ou 2030.
Ce sera un test pour ce qui serait un projet d’infrastructure gigantesque destiné à transformer le transport ferroviaire dans la région la plus densément peuplée du Canada.
Les sept arrêts imposés par le gouvernement fédéral sont : Toronto, Peterborough, Ottawa, Laval, Montréal, Trois-Rivières et Québec.
Le réseau proposé accueillerait 72 trains par jour circulant sur des voies électriques dédiées à des vitesses pouvant atteindre 300 km/h, réduisant ainsi considérablement les temps de trajet. Il permettrait de relier Toronto à Montréal en trois heures et Montréal à Ottawa en moins d’une heure.
Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a mentionné mardi sur les médias sociaux que M. Poilievre «démontre, une fois de plus, qu’il n’a aucune vision pour créer des emplois et faire croître l’économie».
«Depuis des décennies, les Canadiens réclament un réseau ferroviaire interurbain moderne et rapide, a écrit M. MacKinnon. Alto est un investissement générationnel qui transformera les déplacements et rapprochera les communautés. Il augmentera le PIB de 35 milliards de dollars par année, créera plus de 51 000 emplois bien rémunérés et aidera les Canadiens à travailler, étudier et voyager plus efficacement.»
M. MacKinnon a fait valoir que M. Poilievre «tourne le dos» aux Canadiens, de Québec à Toronto, en passant par les communautés situées entre les deux.
«Investir dans le train à grande vitesse, c’est bâtir un Canada plus connecté et plus compétitif, et démontrer que le pays est capable de réaliser de grands projets», a-t-il ajouté.
Des questionnements dans les communautés
Une coalition locale regroupant des agriculteurs, des habitants de petites villes et des conseillers municipaux a soutenu que le corridor ferroviaire diviserait leurs communautés, entraînerait des centaines d’expropriations foncières et n’apporterait que peu d’avantages aux habitants, tout en coûtant des milliards de dollars aux contribuables.
Dans l’est de l’Ontario, au moins cinq comtés et municipalités ont adopté des résolutions s’opposant à un tracé sud proposé pour la ligne. Au moins l’un d’entre eux s’est prononcé contre l’autre option, plus au nord.
La Fédération de l’agriculture de l’Ontario et l’Union des producteurs agricoles du Québec ont demandé la suspension du projet.
Plusieurs groupes Facebook s’y opposant ou relayant les préoccupations des habitants ont vu le jour, dont 3 ont rassemblé plus de 14 000 membres au total.
Alto étudie deux tracés possibles pour l’est de l’Ontario. L’un suit une ligne directe entre Ottawa et Peterborough, tandis que l’autre décrit un arc plus au sud.
Ce ne sont pas toutes les collectivités situées en dehors des grandes villes qui s’y opposent.
Le conseil municipal de Kingston a voté le mois dernier à une écrasante majorité en faveur du tracé sud du projet, à deux conditions: il doit inclure Kingston comme arrêt et longer l’autoroute 401 pour éviter les zones écologiquement sensibles. Aucune de ces deux conditions ne figure actuellement dans le plan.
Lors de sa conférence de presse, M. Poilievre a souligné les problèmes actuels liés aux retards de Via Rail et a soutenu que les fonds pourraient plutôt servir à réduire la dette, les impôts et l’inflation.
«Ce gâchis libéral de 90 milliards $ n’a aucun sens et n’est pas rentable», estime M. Poilievre.
Le chef conservateur a également indiqué que personne ne mettrait les pieds dans ce train avant 2037 et a fait valoir qu’il n’avait fallu que quatre ans pour construire le chemin de fer Canadien Pacifique.
Les discussions sur la construction d’une ligne ferroviaire reliant les provinces du Canada ont commencé avant la Confédération en 1867.
Les plans ont pris de l’ampleur lorsque la Colombie-Britannique a été incitée à rejoindre le Canada en 1871, en partie grâce à la promesse qu’une ligne ferroviaire la reliant à l’est serait construite dans un délai de dix ans.
La construction proprement dite a commencé en 1881 et s’est poursuivie jusqu’en 1885.
Le site web de Parcs Canada indique qu’au début des années 1880, des milliers d’ouvriers venus de Chine ont été amenés au Canada pour aider à construire le chemin de fer du Canadien Pacifique.
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada précise qu’ils ne recevaient qu’un dollar par jour, soit la moitié du salaire d’un ouvrier blanc, et que des centaines d’ouvriers chinois sont morts à la suite d’accidents ou de maladies, car le travail était dangereux et les conditions de vie précaires.
—Avec des informations de Christopher Reynolds à Montréal