Le gouvernement péquiste trouve des « surprises » dans les finances publiques

La Presse Canadienne | 4 novembre 2026 | 10:25
Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, tient une conférence de presse à Montréal, le 23 octobre 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi)

Le gouvernement péquiste est contraint de travailler avec des «surprises» dans les finances publiques, héritage du gouvernement Fréchette précédent, a affirmé le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon mercredi.

Il a néanmoins assuré que le Parti québécois allait respecter ses engagements énoncés durant la campagne électorale.

La veille, il avait déclaré que «le précédent gouvernement laisse la maison en désordre», alors que pourtant les caquistes se targuaient d’avoir redressé les finances publiques et de quitter avec le sentiment du devoir accompli. 

En mêlée de presse avant d’entrer au ministère du Conseil exécutif, à Québec, mercredi matin, le premier ministre ne s’est pas aventuré à donner des estimations sur l’ampleur du déficit ou à indiquer en quoi les projections sont pires que prévu.

Mais il a fait savoir que son gouvernement «travaille beaucoup à décortiquer» les chiffres qui ne «sont pas si clairs que ça sur l’avenir que la CAQ avait présenté».

Le Rapport préélectoral sur l’état des finances publiques du Québec esquissait pourtant une légère embellie par rapport au budget du ministre des Finances du gouvernement caquiste, Eric Girard, déposé en mars. 

Rendu public le 17 août, juste avant le déclenchement du scrutin, le rapport prévoyait un déficit comptable de 5,2 milliards $ (0,8 % du PIB) pour 2026-2027, soit une amélioration de 1,1 milliard $ par rapport au déficit comptable de 6,3 milliards $ estimé dans le budget 2026-2027 de mars.   

Le budget évaluait le déficit total à 8,6 milliards $, incluant le versement au Fonds des générations prescrit par la loi. 

«Nous sommes devant un déficit budgétaire important et il faudra prendre des décisions courageuses pour le résorber», écrivait M. St-Pierre Plamondon mardi soir sur les réseaux sociaux, au sortir d’une rencontre avec son ministre des Finances, Nicolas Marceau.

À la dernière séance du cabinet Fréchette le 14 octobre dernier, juste après les élections qui les avaient rayés de la carte, les ministres caquistes assuraient pourtant qu’ils laissaient la maison en ordre.

«On laisse la maison dans un état qui est mieux qu’auparavant», avait plaidé le vice-premier ministre, Ian Lafrenière. 

«On a le deuxième ou troisième plus petit déficit au Canada», avait pour sa part affirmé le ministre sortant des Finances, Eric Girard. 

Mais à son arrivée au pouvoir en 2018, la CAQ avait hérité d’un surplus de 8 milliards $ du gouvernement libéral sortant. 

Cependant, le gouvernement caquiste avait dû gérer une pandémie, avait tenu à faire valoir M. Girard.

«Je vous assure que le nouveau gouvernement du Québec est résolu à reprendre le contrôle de nos finances publiques après des années de déficits sous la CAQ», a écrit M. St-Pierre Plamondon dans son message.

En campagne électorale, le PQ s’est même engagé à un retour à l’équilibre budgétaire en 2028-2029, soit un an plus tôt que ne le prévoit la Loi sur l’équilibre budgétaire.

Le gouvernement péquiste mise notamment sur des compressions dans la bureaucratie pour y arriver, ainsi que la réduction de la croissance de la masse salariale de l’État. 

Cependant, les engagements qu’il a pris pourraient coûter cher au Trésor public.

Pour ses 100 premiers jours au pouvoir, M. St-Pierre Plamondon s’est notamment engagé à retirer la TVQ sur les biens d’occasion, ainsi qu’à réduire la taxe sur l’essence, d’un montant équivalent à sept cents par litre.

Il a également déjà débloqué une aide d’urgence de 28 millions $ pour lutter contre l’itinérance – en phase avec sa promesse d’investir 1 milliard $ sur quatre ans pour réduire l’itinérance. 

Il s’est aussi engagé à verser 100 millions $ pour contrer l’insécurité alimentaire.

Le cadre financier du PQ intègre également une réduction de 20 % des impôts des PME ainsi que plusieurs baisses de taxes et des crédits d’impôt ciblés pour les citoyens.