Groupe de gens coincés au réservoir Gouin | la ville ne peut pas intervenir

Michel Scarpino | 11 août 2026 | 11:21
Photo courtoisie

Devant les fortes pluies des derniers jours, un groupe d’une vingtaine de personnes s’est retrouvé coincé dans un secteur du réservoir Gouin, le chemin qui les y amène a littéralement fendu.

Avec de la machinerie, les gens ont réussi à créer un petit passage avec des arbres, mais on craint que la pluie puisse éventuellement ronger ces  réparations.

 « Je peux juste vous dire que je trouve ça vraiment plate », a dit dans un message à Monlatuque Annik Therrien, une des personnes enclavées. Celle-ci déplore qu’il y a des personnes âgées et des enfants de 3 ans dans le groupe.

« Pour l’instant, personne ne semble vouloir prendre la responsabilité de venir nous aider », a-t-elle déploré dans une publication sur les réseaux sociaux.

Rappelant que le territoire forestier de La Tuque comprend 30 000 km de chemins, la cheffe de service aux communications de Ville de La Tuque, Hélène Langlais, a rappelé qu’il était impossible de procéder à l’entretien de tous ces chemins. Elle a aussi glissé que La Tuque a uniquement la responsabilité de la route forestière 10 et celle qui relient Parent et Clova.

Mme Langlais a mentionné que les chemins secondaires relèvent du ministère des Ressources naturelles et des Forêts mais que celui-ci n’a pas de financement pour les routes forestières : « L’entretien des routes forestières relève des entreprises forestières qui font la récolte du bois, si elles sont dans ce secteur-là. Si elles ne sont pas dans un secteur et que les villégiateurs utilisent les chemins pour avoir accès à leur chalet, ils doivent s’organiser pour faire l’entretien de leurs chemins ».

Ville de La Tuque a mis en place le Fonds de gestion des terres publiques afin de retourner une partie des taxes perçues pour aider les villégiateurs des pourvoiries, les clubs de motoneige et le Club Quad.

Elle précisait que les groupes de villégiateurs doivent se former une association et formuler une demande afin de recevoir de l’argent pour l’entretien d’un chemin.

« Dans la dernière année, avec le Fonds de gestion des terres publiques, le PADF (Programme d’aménagement durable des forêts), l’argent qu’on a investi dans les chemins ruraux, on a aidé plus de 80 projets et on a dépensé 2,5 M$ ».

Mme Langlais ajoutait que dans le cas précis de ces villégiateurs du réservoir Gouin, aucune demande n’est parvenue à la ville : « Aujourd’hui, on a des inondations. La route est partie. On comprend qu’ils sont dans une situation particulière. Mais la mission de la ville, ce n’est pas d’aller chercher les gens qui sont pris en forêt ».

Il s’agirait plutôt d’une mission de secours aux personnes,  alors que dans un cas d’urgence, la Sûreté du Québec peut intervenir.

« La plupart des gens qui ont été pris en forêt la semaine dernière, il y en a qui se sont pris des avions, ils sont rentrés en hydravion. Il y en a qui ont fait venir des pelles, de la machinerie lourde, ils ont payé, ils ont fait réparer leur chemin. Donc, c’est  toutes des solutions qu’ils peuvent avoir, qui leur ont été expliquées lundi matin aussitôt qu’on a eu le téléphone », poursuit Hélène Langlais.