Le projet pilote sur la gestion forestière régional ira de l’avant
On voit Glenn Dubé , conseiller à Manawan, le ministre Ian Lafrenière, le chef d'Opitciwan, Jean-Claude Mequish, la ministre Kateri Champagne Jourdain et le grand chef du Conseil de la nation attikamekw Constant Awashish. Photo Michel Scarpino - Monlatuque.com Québec injecte 470 000 $ afin de donner vie au Projet pilote Notcimik, franchissant une nouvelle étape vers la gestion régionale des opérations forestières.
En lien avec l’énoncé d’intention qui avait été signé le 13 mars dernier, quatre mois jour pour jour avant cette nouvelle annonce, Québec confirme que l’argent servira à une première démarche pour cartographier des sites d’intérêt du territoire. Les atikamekw seront consultés dans la gestion forestière régionale : les chefs de territoire seront impliqués dans ce projet pilote, dont on se donne cinq ans pour jeter les bases. À titre d’exemple, un comité paritaire sera mis sur pied afin d’identifier les zones précises où de la coupe de bois pourra être effectuée.
Pour Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité intérieure et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, c’est l’aboutissement de beaucoup de négociations : « La solution, ça va être ensemble. Donc les gens vont être assis autour de la même table. Ça va permettre plus de prévisibilité pour tout le monde, les gens de l’industrie, les gens des communautés, les législateurs, tout le monde dans le fond va être assis autour de la même table. Quand on va arriver avec une coupe, tout le monde va le savoir, tout le monde va pouvoir amener son petit grain de sel et ça va permettre d’aller à bonne place ».
L’adoption du projet de loi 11 a permis de mettre en place ce projet pilote. D’emblée, tout le monde convient que les Premières nations ont une connaissance fine du territoire.
D’ailleurs, le ministre Lafrenière souhaite que pareil projet puisse être exporté dans d’autres régions, en l’adaptant selon les particularités.
Pour la ministre des Ressources naturelles et des forêts, Kateri Champagne Jourdain, la forêt doit se développer en collaboration avec les Premières nations. Au fil des prochains mois, on précisera davantage la marche à suivre : « C’est là qu’on va définir comment on consulte les communautés Atikamekw parce que c’est ça qui est important aussi pour trouver les bonnes solutions. C’est là qu’on va s’entendre sur les territoires visés, la cartographie de ces territoires-là. Et c’est comme ça qu’on va pouvoir arriver avec le projet pilote, son cadre concret et comment il va s’appliquer ».
« Je pense que c’est la première fois qu’on reçoit autant d’appuis (…) Tout le monde rame dans le même sens, que ça soit les autochtones allochtones, les fonctionnaires, les ministères, les élus de part et d’autre, les gens de la région, les municipalités, les pourvoyeurs, les gens qui représentent les ZEC, je pense que tout le monde veut le changement, une nouvelle façon de faire », mentionne, pour sa part, le grand chef du Conseil de la nation Atikamekw, Constant Awashish Qui croit qu’il était temps de revoir la méthode de planification forestière.
Même son de cloche de la part du directeur général de la coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice Marc-André Despins. Il a rappelé que depuis les dernières années, l’accès au territoire était devenu un enjeu majeur. D’avoir une gestion régionale collaborative en amont avec les Premières nations était tout naturel selon lui : « Un point qui est ressorti, c’est la concertation, la communication, parce qu’on a tout un objectif commun, c’est que nos nos entreprises distinctes ou les parties prenantes aillent bien dans tout le fonctionnement de ces terres publiques ».
Durant cette période, des propositions pourront être faites concernant, notamment :
- des modalités d’aménagement forestier adaptées aux valeurs et aux sites d’intérêt atikamekw;
- l’organisation à mettre en place afin de déployer une gestion forestière participative permettant d’améliorer et d’optimiser la participation et la concertation entre les Atikamekw Nehirowisiw, l’industrie forestière et les différents acteurs régionaux concernés et actifs sur le territoire, ainsi que ses responsabilités en matière de planification;
- le territoire d’expérimentation visé;
- le mode de consultation des communautés et des chefs de territoire atikamekw et des autres acteurs régionaux;
- un modèle potentiel de tarification des bois adapté.