DSN: Christine Fréchette n’était pas au courant des problèmes

La Presse Canadienne | 5 juin 2026 | 11:48
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, arrivant au Centrexpo de Drummondville, le 15 mai. (Crédit photo : Louis-Philippe Harnois-Arel, Arsenal Media)

La première ministre Christine Fréchette n’était pas au courant des problèmes du Dossier santé numérique (DSN) soulevés par différents médias.

Le quotidien « Le Devoir » et les médias de Québecor ont rapporté plusieurs cafouillages, notamment des surdoses qui auraient été causées par le système, ainsi que des retards dans des traitements de chimiothérapie.  

Le gouvernement caquiste maintient néanmoins que l’implantation du DSN se déroule bien.

À la période des questions, vendredi, le chef parlementaire de l’Opposition, André Fortin, a demandé à la première ministre si elle était au courant notamment des surdoses. 

« Non, je n’étais absolument pas au courant qu’il y avait eu des enjeux de cette nature-là », a-t-elle répondu. La réplique de M. Fortin n’a pas tardé.

« Il y a eu des surdoses, il y a eu des traitements de chimio qui ont été repoussés de quatre semaines, il y a des médecins qui veulent prendre leur retraite parce qu’ils sont à bout, et la première ministre nous dit: ‘moi, je ne savais pas, je ne savais pas tout ça’. »

Juste avant, dans des mêlées de presse, Mme Fréchette et la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, se sont montrées rassurantes quant aux problèmes affligeant le DSN, qui ont été mis au jour par plusieurs médecins.

Le DSN est implanté comme projet pilote depuis un mois dans deux CIUSSS à Montréal et en Mauricie—Centre-du-Québec, et des médecins se sont vidé le cœur dans certains médias, dont « Le Devoir » et « Le Journal de Québec ».

Des médecins font état de retards, ainsi que de requêtes qui auraient été perdues.

À son arrivée à la période des questions, la première ministre Fréchette a dit que Santé Québec l’avait informée que « tous les délais prescrits sont respectés » et que « c’est une ligne à ne pas franchir ».

« Et on est là en ce moment », a-t-elle assuré.

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a soutenu pour sa part qu’il était normal qu’un nouveau système éprouve des problèmes à ses débuts – « et il va y en avoir d’autres événements », a-t-elle prévenu.

« Écoutez, on est capables de faire ce changement, a-t-elle argué. J’ai été sur le terrain, je connais le système, j’ai rencontré des médecins. Honnêtement, on a bien implanté ça, c’est normal qu’il y ait des ajustements. »

En point de presse, les trois partis d’opposition ont fait part de leurs inquiétudes sur le nouveau système, appelant le gouvernement à régler les problèmes immédiatement.

« J’espère que Santé Québec va prendre des mesures nécessaires pour épauler, accompagner, pour qu’on (ne) laisse pas tomber un patient, a tonné le député libéral Monsef Derraji. Ni vous ni moi on va être contents si jamais un patient paie le prix. »