Infiniti QX60, grand voyage dans le confort

Michel Scarpino | 9 mai 2026 | 07:55

Infiniti QX60, grand voyage dans le confort

Les grands VUS pleine grandeur ont encore leur place. On pourrait croire qu’avec le prix de l’essence, les véhicules électriques et la mode des utilitaires compacts, ces mastodontes sont condamnés à disparaître tranquillement.

Pourtant, il suffit de prendre le volant d’un modèle bien conçu pour comprendre pourquoi ils continuent d’attirer une clientèle fidèle. J’ai passé plusieurs centaines de kilomètres au volant d’un grand utilitaire pensé pour avaler la route avec aisance, confort et une impressionnante dose de technologie, l’Infiniti QX60 remodelé pour la nouvelle année modèle.

Et je vais l’avouer tout de suite : malgré une consommation qui m’a fait grimacer plus d’une fois, j’ai apprécié l’expérience.

Le trajet était parfait pour mettre le véhicule à l’épreuve : départ de la Rive-Sud de Montréal en direction de Québec, principalement sur autoroute, avec quelques détours urbains et des sections plus congestionnées. Un parcours typique de mes semaines chargées.

Dès les premiers kilomètres, le ton est donné. On grimpe à bord comme dans un salon roulant. Les sièges sont larges, moelleux sans être trop mous, et surtout conçus pour les longues distances. Après une heure ou deux derrière le volant, aucune fatigue particulière ne se faisait sentir.

Mais le véritable verdict est venu du siège passager.

Chérie, qui n’a aucune patience pour les véhicules inconfortables, a immédiatement adopté les sièges massants offerts sur ma version Autograph d’essai. En fait, elle les a tellement appréciés qu’elle a refusé de désactiver la fonction pendant presque tout le trajet. On pourrait croire à un gadget de plus, mais après plusieurs heures sur l’autoroute, on comprend rapidement l’intérêt. Ce n’est pas un massage de spécialistes, entendons-nous bien, mais suffisamment efficace pour réduire la fatigue et rendre le voyage plus agréable.

Le silence de roulement mérite aussi une mention spéciale. Même à vitesse autoroutière, l’habitacle demeure remarquablement calme. Les bruits de vent sont bien contrôlés et la suspension absorbe efficacement les imperfections du réseau routier québécois, ce qui représente déjà un exploit technique en soi.

L’autre élément qui impressionne rapidement, c’est la qualité du système d’infodivertissement. Les écrans sont grands, réactifs et bien intégrés à l’ensemble. Les menus sont relativement intuitifs, ce qui devient malheureusement rare dans l’industrie automobile moderne où certains constructeurs semblent convaincus qu’il faut cacher les fonctions importantes dans quatre sous-menus différents.

Ici, tout tombe naturellement sous la main. Apple CarPlay et Android Auto fonctionnent sans problème, la reconnaissance vocale est efficace et l’affichage numérique derrière le volant demeure clair même lorsqu’on multiplie les informations.

Le système de son, un Klipsch avec des haut-parleurs insérés directement dans les appuie-tête, rend l’écoute de la musique exceptionnellement agréable et inclusive,

J’ai aussi particulièrement apprécié la caméra périphérique et les différents angles proposés lors des manœuvres. Dans un véhicule de cette taille, c’est presque indispensable. Mais la technologie qui attire vraiment l’attention, c’est cette fameuse vue de capot transparent.

Évidemment, le capot n’est pas réellement transparent. Le système utilise plutôt les caméras extérieures pour recréer une image virtuelle de ce qui se trouve sous l’avant du véhicule. Le résultat est étonnamment utile lorsqu’on s’approche d’un obstacle, d’un trottoir ou d’un chemin plus accidenté.

Et tant qu’à parler de technologies, il faut souligner la qualité des aides à la conduite. Le régulateur de vitesse adaptatif travaille avec douceur, le maintien de voie intervient sans brutalité et l’ensemble des systèmes semble calibré pour aider le conducteur plutôt que pour lui donner envie de désactiver tous les avertissements après dix minutes. Le Pro Pilot 1.1 permet aussi de laisser le véhicule se conduire lui-même quand les circonstances le permettent, ce qui a une tendance à réduire la platitude consommée de l’autoroute 20!

Sur un long trajet autoroutier, cette assistance réduit réellement la fatigue mentale. On demeure évidemment responsable de la conduite, mais le véhicule agit comme un copilote discret et compétent.

Sous le capot, la mécanique, le moteur 2,0 litres 4 cylindres à compression variable, offre suffisamment de puissance pour déplacer ce géant sans difficulté. Ses 268 chevaux et 268 livres-pied sont suffisants. Les accélérations sont sans trop d’hésitation, les dépassements se font avec assurance et la transmission effectue un travail honnête pour garder le moteur dans sa zone optimale. Mais voilà le revers de la médaille.

La consommation. Et ici, difficile de contourner le sujet.

Sur mon trajet entre la Rive-Sud de Montréal et la ville de Québec, principalement effectué sur autoroute dans des conditions relativement normales, l’ordinateur de bord affichait une moyenne de 10,4 litres aux 100 kilomètres. Oui, pour un véhicule de cette taille, certains diront que c’est acceptable. Mais Infiniti nous promettait 8,7. L’écart est donc imposant.

Parce qu’au-delà des chiffres, il y a la réalité du portefeuille. Quand on accumule les kilomètres chaque semaine, cette consommation de carburant Super de surcroit,  finit par peser lourd dans le budget familial. Et même si les constructeurs ont énormément progressé avec les moteurs turbocompressés, les transmissions plus évoluées et l’aérodynamisme, la physique demeure la physique : déplacer un immense VUS demande de l’énergie.

Cela dit, le paradoxe est intéressant.

Malgré cette consommation décevante, je comprends parfaitement pourquoi plusieurs acheteurs tomberont sous le charme. Le confort est remarquable, les technologies sont réellement utiles et l’expérience de conduite inspire confiance. Ce grand VUS n’est probablement pas le choix le plus rationnel pour tout le monde. Mais pour ceux qui recherchent de l’espace, de la place pour 7 passagers, du confort haut de gamme, une foule de technologies modernes et une capacité à engloutir les kilomètres sans stress, il demeure extrêmement séduisant.

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