Pénurie de pharmaciens dans les établissements de santé

Une récente enquête sur les effectifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) relève une pénurie de pharmaciens dans les établissements de santé partout au Québec, mais notamment en Mauricie. 

Selon Linda Vaillant, directrice générale de l’association, le secteur de l’urgence souffre d’une découverture moyenne de 79%, en Mauricie. Celui de la dialyse n’est pas couvert à 59 %, alors que les besoins en pharmaciens aux soins intensifs et coronariens ne seraient pas comblés à 50%. Il n’y a cependant pas de donnée pour le secteur de La Tuque.

Mme Vaillant affirme que le manque de pharmaciens nuit à la fluidité dans le secteur de l’urgence.

Elle soutient qu’une certaine proportion des admissions à l’urgence est causée par l’abus de médicaments.

La compétition au niveau des salaires et des conditions qu’offre le secteur privé nuit au recrutement des pharmaciens dans le réseau de la santé.

Aussi, comme solutions, L’APES propose d’investir dans le recrutement et d’améliorer les conditions de travail des pharmaciens. Son organisation suggère aussi de reconnaître le programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée pour les pharmaciens en établissement de santé.

« Les besoins en soins pharmaceutiques ne cessent de croître avec le vieillissement rapide de la population, la multiplication des maladies chroniques ainsi que la complexité et le coût considérable des médicaments. L’ensemble de ces facteurs exercent une pression non négligeable sur notre réseau de santé. En l’absence de recrutement suffisant de pharmaciens, la capacité des équipes à offrir aux patients les soins pharmaceutiques nécessaires et à assurer un usage optimal des médicaments est forcément moindre. Le manque de pharmaciens nuit à l’efficience des visites dans les salles d’urgence, notamment en augmentant le temps d’attente, les risques d’incidents et d’accidents médicamenteux ainsi que d’effets indésirables liés aux médicaments, et la durée moyenne des séjours », fait valoir Julie Racicot, pharmacienne et présidente de l’A.P.E.S.

« À l’automne 2023, le taux d’inscription en pharmacie d’établissement se trouvait parmi les plus bas enregistrés depuis 10 ans, avec à peine quelque 57 pharmaciens qui ont commencé le programme, malgré 114 bourses d’études disponibles », rapportait aussi Mme Vaillant.