Laviolette-Saint-Maurice : trois candidats débattent
Les candidats Élodie Murphy-Gauthier, Laurent Bélisle et Guy Veillette. Photo Michel Scarpino - Monlatuque.com Trois des candidats dans Laviolette-Saint-Maurice, Laurent Bélisle du Parti libéral du Québec (PLQ), Élodie Murphy-Gauthier du Parti québécois (PQ) et Guy Veillette de la Coalition Avenir Québec (CAQ), ont répondu à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Maurice (CCIHSM) et la Corporation de développement communautaire pour participer à un débat portant sur les enjeux locaux de la Haute-Mauricie devant une cinquantaine de personnes.
Parmi les sujets débattus, celui de la santé, alors que la Haute-Mauricie est aux prises avec des ruptures de service. La candidate Elodie Murphy-Gauthier a rappelé la position du Parti québécois d’abolir Santé Québec : « on sait que c’est une couche de gestionnaires supplémentaire. On veut ramener des conseils d’administration locaux qui ont un vrai pouvoir décisionnel. On veut aussi s’assurer d’une première ligne forte », affirme celle qui propose de former davantage d’infirmières.
Le candidat Guy Veillette de la CAQ a ajouté que le processus pour désigner La Tuque comme région éloignée est actuellement en cours. « Pour attirer le personnel de santé qui manque, je pense que c’est la clé. C’est en cours, d’ailleurs. Le CIUSSS a fait cette demande-là », a-t-il affirmé.
Le candidat du Parti libéral, Laurent Bélisle prône la télémédecine. « En désengorgeant le système de santé, l’urgence, la télémédecine donne accès à des rendez-vous (…) il y a quand même de la prévention qui peut se faire, en santé mentale. Les gens de La Tuque, les gens de Parent, doivent se déplacer jusqu’à Shawinigan ». Le candidat libéral affirme que l’immensité du territoire haut-mauricien est un bon argument pour négocier des avantages pécuniers pour les professionnels de la santé.
La foresterie
Le dossier de la foresterie a occupé une bonne partie des échanges.
Le candidat Laurent Bélisle prône une prévisibilité : « c’est sûr que c’est très imprévisible présentement aux États-Unis. Donc d’y aller avec un contrôle de coûts. Présentement le diésel explose en coûts. Il y a d’un peu partout ben ça coûte de plus en plus cher. Il y a travail en prévisibilité puis avoir des montants déjà pré-établis, ça pourrait donner un coup de main ».
Pour Élodie Murphy-Gauthier du Parti québécois, tout était sur la table durant les dernières années pour adopter le régime forestier, mais il y a eu un manque de leadership pour le mettre en application : « Il faut se tourner vers les gens d’ici pour qu’ils nous disent ce qu’ils veulent avec le régime forestier avec la particularité qu’on a à La Tuque, inclure les Premières nations. (…) Il y a pas de raison que ça tarde, nous on s’est engagé à ce que ça se fasse d’ici la fin 2027, donc ça me semble un échéancier fort atteignable. Il ne faut pas que ce soit une priorité de fin de mandat qu’on essaie de passer rapidement ».
« Les agendas des chefs de partis et, à plus forte raison celui de la première ministre, c’est très précieux. Alors qu’elle prenne le temps de se déplacer à Rivière-aux-Rats la semaine dernière pour venir annoncer son plan pour l’industrie forestière, confirmer le projet pilote en cours à La Tuque, dire que ça va faire des petits à travers le Québec, les 144 millions d’investissement pour la modernisation des entreprises, je pense que c’est un signal qui est très fort, qui indique que l’industrie forestière est vraiment une priorité », signale pour sa part Guy Veillette candidat de la CAQ.
La route 25
Alors que l’entretien de la route 25 entre Wemotaci et Parent relève exclusivement de l’industrie forestière, nombreux sont ceux qui tapent du pied pour que le ministère des Transports prennent en charge ce tronçon d’un peu plus de 75 km. Les candidats sont-ils prêts à en faire un engagement ?
« Jusqu’à maintenant, on n’a pas eu de succès pour pour confier l’entretien de ce tronçon-là au ministère des Transports, pour ne pas que ça repose uniquement sur les entreprises forestières et la ville. Donc oui, il faut continuer de pousser et souhaiter que cet enjeu-là débloque parce que c’est principalement une question de sécurité », soutient Guy Veillette.
« Il faut travailler en prévisibilité. On parle de faire une réforme du régime forestier, mais des situations exceptionnelles comme ça (l’arrêt des opérations de la scierie) il faut les prévoir d’avance. Il n’y a pas seulement les citoyens ni le gouvernement qui empruntent cette route-là, il y a aussi Hydro-Québec et d’autres usagers de la route », affirme Laurent Bélisle.
« Ce que je veux comprendre, c’est pourquoi la route La Tuque-Wemotaci est payée et gérée par le gouvernement, Mont-Laurier-Parent aussi, mais pourquoi ce bout-là, il « bogue » en bon français ? C’est quoi les critères sur lesquels le gouvernement se base pour déterminer ce qui est géré par les compagnies forestières, ce qui l’est par nous », se demande pour sa part Élodie Murphy-Gauthier.
Les dossiers du logement, du coût de la vie, le milieu communautaire, les relations avec la nation atikamekw et le développement territorial de même que l’autonomie et l’avenir politique du Québec ont aussi occupé des places importantes dans le débat.