Des tarifs qui viendront chambouler une industrie déjà fragilisée

Michel Scarpino | 25 août 2026 | 08:30
Marc André Despins. Photo courtoisie

Selon le directeur général de la Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice, Marc-André Despins, les tarifs de 50 % sur les exportations canadiennes, annoncés la semaine dernière par le président Trump, devraient chambouler une industrie déjà fragilisée.

Alors que le bois d’oeuvre est déjà frappé de droits de 45 %, une nouvelle taxe sera appliquée par les Américains. « Ce sont les autres produits issus de la filière forestière. Donc, on parle des panneaux OSB, des secteurs pâtes et papiers, on parle des meubles, des poutrelles, etc », détaille-t-il.

Il s’agit, selon ce dernier, d’un marché de commodité, ce qui aura assurément un effet domino jusqu’en forêt : « Donc si les entreprises qui achetaient le bois ralentissent un peu la production ou le carnet de commandes diminue, assurément que ça va avoir des impacts en forêt ».

Pour l’instant, on tente d’analyser les impacts des annonces de tarifs du président américain. « On est dans un brouillard (lundi). On attend de voir comment les marchés vont réagir. Quand je parle de marché, on voit qu’il y a beaucoup d’acteurs dans ça. Ici, en Mauricie, c’est une forêt mixte. Donc, oui, il y a du résineux, il y a du feuillu pour certains produits, il y a du tremble pour les panneaux OSB.  Donc là, il y a beaucoup d’acteurs et chaque acteur va vivre une certaine situation par rapport à ces nouvelles taxes-là. Les répercussions, on va les savoir dans quelques jours, quelques semaines », pense également le directeur général.

Quant à l’aide financière offerte par le gouvernement provincial avec deux programmes, Marc-André Despins rappelle qu’il s’agit de prêts sans intérêt, qui peuvent avoir un impact sur le bilan financier : « Nous, les pistes de solutions qu’on voit, le gouvernement peut aider en encourageant les constructions en bois, modifier le code du bâtiment, avoir plus d’étages en bois, rembourser également les droits de coupe à ceux qui utilisent le bois du Québec, du Canada. Il faut s’assurer de maximiser toutes les constructions possibles, parce que, le marché de commodité, lui, il est régi par l’offre et la demande ». 

Cet élément pourra être porté lors de la campagne électorale imminente auprès des candidats de toutes les formations politiques, dans un contexte où l’industrie forestière souhaite une vision à plus long terme de la part du gouvernement : « Je pense que l’industrie forestière va sûrement se faire entendre à cette occasion-là. On le souhaite, parce que, quand on regarde les statistiques, les sujets parlés à l’Assemblée, la forêt, ce n’est pas un sujet qui est très populaire, comparé à d’autres. Moi, j’aime le rappeler, ce sont 60 000 emplois directement en forêt, 60 000 dans les scieries. C’est un pourcentage important du PIB des exportations du Québec ».

Smurfit WestRock

Appelée à réagir quant aux impacts de ces nouveaux droits de douane sur ses installations canadiennes, Smurfit WestRock a mentionné qu’il était trop tôt pour apporter des commentaires.