Chantal Charest | un portrait différent de l’accusée a été dépeint en cour

Michel Scarpino | 8 mai 2026 | 07:24

Le procès de Chantal Charest s’est poursuivi jeudi au Palais de justice de La Tuque. La femme qui réside maintenant à Shawinigan est accusée de voies de fait et de séquestration à l’endroit d’enfants attikamekw dans les années 2000, soit au moment où elle opérait une résidence d’accueil pour enfants autochtones.

Jeudi matin, des témoignages ont dépeint un portrait différent de l’accusé par rapport à ce que les trois présumés victimes avaient exposé la veille.

Celle qui a été la femme de ménage de la résidence d’accueil pour enfants autochtones, Lise Veillette, affirme n’avoir jamais été témoin de chicane et trouvait même que les enfants étaient gâtés. Elle a relaté que les enfants avaient même la possibilité de choisir la couleur de leur chambre après des rénovations et que Mme Charest leur donnait de l’argent.

Celle-ci affirme ne pas avoir suivi le procès dans les médias.

Par ailleurs, l’ex-conjoint de Chantal Charest, Michel Vincent, est aussi allé témoigner. Il a été davantage présent dans la première année d’opération de la résidence, après quoi il s’est trouvé un travail dans la région de Shawinigan ce qu’il amenait à n’être à La Tuque que le mercredi soir et les fins de semaines.

Il affirme que les services sociaux atikamekw ont mis fin aux services de la résidence de Chantal Charest sans qu’il n’ait obtenu d’explications. Selon ce dernier, il est arrivé que les enfants doivent s’asseoir sur une chaise pour réfléchir en guise de punition, puisqu’il dit qu’il fallait de la discipline. Mais il soutient ne pas avoir observé de situation lors de laquelle une enfant aurait pu être assise en plein hiver sur une chaise la fenêtre ouverte. Selon ce qui a été dit en cour, M. Vincent faisait office de personne gentille auprès de la famille d’accueil. Il a mentionné n’avoir eu aucune formation pour s’occuper d’enfants autochtones.

Quant à elle, une fille de Chantal Charest affirme avoir été punie au même titre que les enfants atikamekw, soit « faire du coin » ou des dictées ». Selon Radio-Canada, elle a gardé un bon souvenir d’un voyage à Valcartier avec toute la famille.

Le procès s’est poursuivi jeudi toute la journée alors que les plaidoiries ont été exposées en après-midi. Chantal Charest n’a pas témoigné devant le juge.

L’avocat de Chantal Charest, Serge Milette, a tenté de discréditer des témoignages de présumées victimes entendus mercredi. Il a insisté sur la crédibilité des déclarations qui ont été faites par Lise Veillette, Michel Vincent et la fille de l’accusé, Florence Vincent.

Selon le Nouvelliste la procureure de la Couronne, Me Mélanie Gagné, a souligné que ce n’est pas parce que des personnes rapportent qu’elles n’ont pas vu quelque chose se produire que ce n’est pas arrivé. Mentionnant que si les témoins ont dit ne pas avoir vu des faits rapporté par les présumés victimes, elle a rappelé qu’il y avait des périodes où ils n’était pas présents à la résidence. Elle a appuyé sur le fait que la résidence Mme Charest a été fermée soudainement et que cela ne pouvait qu’être en raison que les enfants étaient maltraitées.

On connaîtra plus tard la décision du juge dans cette affaire.