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Fusion de services psychosociaux au RLS du Haut-Saint-Maurice | le syndicat craint les effets découlant de gardes 24/7
Photo courtoisie Jean-François Cloutier Fusion de services psychosociaux : le syndicat craint une surcharge et des gardes 24/7
L’inquiétude s’installe au sein du syndicat représentant le personnel psychosocial du Réseau local de services du Haut-Saint-Maurice, du CIUSSS-MCQ.
Certains volets des services psychosociaux doivent fusionner alors que le CIUSSS-MCQ cherche de cette façon à continuer d’assurer des services psychosociaux à l’extérieur des heures de bureau.
Une trentaine de postes seraient impliqués dans cette fusion à travers plusieurs centres d’activité, selon le syndicat APTS.
Le syndicat redoute les effets d’une mesure qui imposera des périodes de garde 24/7 pour le personnel des entités fusionnées.
Actuellement, seuls des travailleurs en santé mentale effectuent des gardes 24/7, mais elles pourront s’étendre à d’autres départements des services psychosociaux, hors des heures de bureau.
En plus d’effectuer des gardes, ce regroupement les amènera à travailler dans d’autres champs d’expertise que le leur, se désole aussi le syndicat APTS.
Une entente de 2022 qui régissait les modalités des services en garde pour les travailleurs psychosociaux a pris fin cette fin de semaine, alors que, selon le syndicat, le CIUSSS-MCQ applique dorénavant la convention collective et procède à une réorganisation, pour regrouper les travailleurs qui œuvrent dans le domaine psychosocial, ce qui les amènera à assumer ces gardes hors des heures de bureau.
« Ce n’est pas un nouveau système de garde, mais il est nouveau avec l’ensemble des secteurs», indique Éric Pelletier, vice-président Mauricie-Centre-du-Québec de L’APTS, qui précisait que la quantité d’interventions a augmenté au fil des années, alors que le nombre de travailleurs disponibles diminue.
«On est en pourparlers pour établir les modalités d’application pour les autres secteurs», mentionne M. Pelletier.
Le syndicat appréhende le fait que des intervenants auront à effectuer des interventions la nuit tout en devant maintenir leur présence lors des quarts de travail réguliers en journée.
«Nos intervenants qui ont à intervenir la nuit, une fois, deux fois, ils doivent faire leur travail le lendemain. Lorsque le quart de travail est terminé, il y a une autre garde après son quart de travail. C’est une roue qui tourne. Des fois, la semaine peut être très longue pour nos intervenants », ne manque pas de souligner Éric Pelletier.
Dans d’autres secteurs d’activités
Le vice-président cache difficilement son inquiétude de voir des travailleurs œuvrer dans d’autres champs d’activité, bien qu’il ne mette pas en doute leurs compétences.
«Une personne qui est habituée à travailler en centre jeunesse et qui doit faire la gestion d’une crise en violence conjugale ou d’une personne âgée à l’extérieur, ce n’est pas le même type d’intervention», signale-t-il.
Devant l’augmentation des cas, le syndicat affirme avoir sonné l’alarme il y a plus d’un an auprès de l’employeur : «Offrir de bons services à la population, oui. Mais il ne faut pas faire ça au détriment de la santé de nos personnes intervenantes».
Des formations adaptées et de l’accompagnement
Le CIUSSS-MCQ a confirmé que les ajustements ont été effectués pour le territoire du Haut-Saint-Maurice devant sa responsabilité d’assurer une réponse adéquate en tout temps aux personnes qui vivent de la détresse psychosociale.
Selon l’agente d’information Julie Michaud, les intervenants concernés en ont été informés. Elle ne cache pas que l’organisation compte sur un nombre restreint d’intervenants ce qui entraîne une charge importante pour les équipes.
« L’élargissement de la prise en charge à un plus grand nombre d’intervenants permet une répartition plus équitable des gardes, tout en contribuant au maintien de la qualité des services et de la qualité de vie des intervenants au travail», mentionne l’agente d’information.
Le CIUSSS-MCQ affirme avoir prévu des formations adaptées, un accompagnement personnalisé et des rencontres de suivi auprès des intervenants.
«Les interventions se réaliseront dans un cadre sécuritaire et conforme aux compétences professionnelles, avec un soutien clinique disponible, notamment par l’entremise du service Info-Social lors des interventions de crise », assure Julie Michaud.
Celle-ci précisait qu’en cas de détresse psychosociale, ce service est accessible, au 811, option 2, pour obtenir du soutien ou des conseils.
Dans d’autres départements
Elle faisait savoir que les intervenants allaient continuer de relever de leur gestionnaire actuel et de travailler dans leurs départements, mais pourraient être appelés à intervenir dans différents contextes de crise, selon les besoins, au moment où ils seront appelés à effectuer des tours de garde.
«Les ajustements apportés tiennent compte des compétences des intervenants et s’accompagnent de formations, d’un accompagnement clinique et de mécanismes de soutien. L’élargissement de la prise en charge à un plus grand nombre d’intervenants permet de réduire la pression associée à une organisation reposant sur un nombre limité d’intervenants, donc permet une répartition plus équitable des gardes, tout en contribuant au maintien de la qualité des services et de la qualité de vie des intervenants au travail», conclut le CIUSSS-MCQ.