Mort au poste de la SQ: un décès qui «aurait pu être évité», tranche une coroner

La Presse Canadienne | 24 septembre 2026 | 09:20
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Le décès d’un homme, qui s’est enlevé la vie dans le stationnement de la Sûreté du Québec (SQ) en juin 2023, «aurait pu être évité» si les policiers avaient mieux préparé son arrestation et assuré sa surveillance en tout temps, conclut la coroner Marie-Ève Dagenais.

«Si l’intervention avait été planifiée, le décès de monsieur aurait pu être évité, car des mesures visant à assurer sa sécurité auraient été mises en place», peut-on lire dans le rapport de la coroner. 

Le 6 juin 2023, des policiers de la SQ se rendent au domicile d’un homme, mandat d’arrestation en main. Ils informent l’homme qu’il doit les accompagner au poste de La Tuque pour faire face à des accusations criminelles.

L’homme est toutefois paraplégique et se déplace en fauteuil roulant. 

Les policiers conviennent qu’il peut se rendre de lui-même au poste avec son véhicule adapté. Après être retourné seul dans sa résidence, le suspect en ressort une vingtaine de minutes plus tard et prend la direction du poste de police. Les policiers le suivent de près en voiture. 

Rendu dans le stationnement du poste de la SQ, le suspect retourne une arme contre lui et met fin à ses jours.

Selon le dossier médical de l’homme, il n’était pas traité pour des problèmes dépressifs, a noté la coroner.

«Selon ses proches, il se portait bien et avait plusieurs projets. Il est donc probable que l’information à l’effet que des accusations criminelles allaient être portées contre lui ait été l’élément déclencheur le conduisant à mettre fin à ses jours», mentionne la coroner dans son rapport.

«La courte période comprise entre le moment où il a appris que des accusations criminelles allaient être portées contre lui et le moment où il est passé à l’acte milite également en ce sens.» 

Planification incomplète 

La planification de l’arrestation de l’homme était incomplète, a déterminé la coroner. Elle estime que les policiers auraient dû prévoir un moyen de transport adapté à la condition de l’homme en plus de s’assurer qu’il n’était pas en possession d’armes.

La coroner ajoute que l’intervention devait être mieux planifiée, car l’annonce à l’homme qu’il fait face à des infractions criminelles «pouvait causer une importante charge émotive le mettant à risque de comportements impulsifs ou imprévisibles». 

«D’autres moyens auraient pu être utilisés par les policiers afin que monsieur se présente au poste de police en lien avec les accusations, mais à partir du moment où les policiers décident de procéder à son arrestation, cela leur impose des obligations à son égard», a-t-elle soutenu. 

«La sécurité de monsieur aurait dû être assurée en tout temps à partir du moment où il a été mis en état d’arrestation. […] Une planification du transport aurait aussi dû être faite en considérant le handicap physique de monsieur.»

Le Bureau du coroner émet deux recommandations

La coroner Marie-Ève Dagenais recommande que la SQ planifie les arrestations en suivant le Guide des pratiques policières et aux politiques de gestion de la Sûreté du Québec, en «incluant notamment la vérification de la possession d’armes à feu, la planification d’un moyen de transport adapté à la condition de la personne détenue et l’obtention d’un mandat pour entrer dans le domicile lorsque les circonstances l’exigent». 

De plus, la coroner recommande à la SQ d’assurer «en tout temps la surveillance et la sécurité des personnes détenues», comme prévoient le Guide des pratiques policières et les politiques de gestion de la Sûreté du Québec.

Des intervenants de la ligne d’aide de prévention du suicide sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (277-3553). 

Un texte de Gabriel Delisle, Initiative de journalisme local