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Budget: un fonds de 500 millions «à définir» salué par les Premières Nations
Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador accueille favorablement l'annonce d'une enveloppe de 500 millions destinée à des garanties de prêts pour les communautés autochtones.
Jocelyn Riendeau, Le Soleil Le gouvernement du Québec débloque une enveloppe de quelque 500 millions pour offrir des garanties de prêt aux communautés autochtones. «Une excellente nouvelle», tranche le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador. «Mais ça n’efface aucunement les autres obligations.»
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador accueille positivement le budget déposé par le ministre des Finances. Au lendemain du dépôt du dernier budget de l’ère Legault, Francis Verreault-Paul en est encore à «éplucher» les nombreuses mesures proposées, mais une chose est sûre, l’annonce d’un fonds de 500 millions pour offrir des garanties de prêt aux communautés autochtones est «la grosse nouvelle» pour les Premières Nations.
Cette somme, qui vise à propulser la participation financière des Premières Nations à des projets économiques, vient répondre à l’«enjeu central et fondamental» que représente l’accès au capital pour les communautés autochtones, explique le chef, en entrevue au Soleil.
«C’est une initiative qu’on voit ailleurs au pays. Il y a des provinces déjà, comme la Colombie-Britannique et l’Ontario, qui ont ce type d’initiative. On peut penser au gouvernement du Canada aussi, qui a doublé sa mise, passant de 5 à 10 milliards.»
Les modalités du fonctionnement du nouveau fonds restent toutefois à déterminer, ce que Francis Verreault-Paul voit également d’un bon œil. Il y perçoit une volonté du gouvernement d’établir les paramètres du fonds «avec les Premières Nations».
«J’ai confiance dans la volonté du ministre de vraiment s’asseoir avec les gouvernements des Premières Nations pour déterminer comment ce fonds va être géré», note le chef.
Présent lors du discours du ministre des Finances, le grand chef de la Nation wendat, Pierre Picard, s’est lui aussi réjoui de l’investissement annoncé par le gouvernement caquiste.
«C’est une bonne nouvelle, définitivement», a-t-il tranché
Le grand chef compte bien tirer profit du fonds mis sur pied. La nation qu’il dirige, «extrêmement active sur le plan économique», représente 10 % des entreprises autochtones au Québec, «alors que les Wendat sont 0,6 % de la population autochtone», a-t-il chiffré.
Et le reste?
Bien que positive, l’annonce du fonds destiné aux Premières Nations n’éclipse pas les autres défis qui continuent d’affliger les communautés autochtones.
Déjà, les quelque 500 millions débloqués par le gouvernement ne signifient pas que «ce sera un oui pour l’ensemble des projets», avertit Francis Verreault-Paul.
«L’aspect de consultation, de consentement préalable libre et éclairé va demeurer et, lorsque les Premières Nations décideront qu’il y a une certaine acceptabilité pour un projet, […] ce fonds-là sera disponible», nuance-t-il. Ça n’efface aucunement les autres obligations.»
Plus encore, certains autres dossiers — quoiqu’inclus dans l’exercice budgétaire ― laissent Francis Verreault-Paul perplexe. Il mentionne notamment l’enveloppe de 25 millions sur cinq ans destinée à la mise en œuvre de certains appels à l’action formulée lors de la Commission Viens.
«C’est vraiment le minimum, juge-t-il. Il reste beaucoup de recommandations à mettre en œuvre. Le travail est entamé, j’en conviens, mais il reste quand même du travail à faire.»
En novembre dernier, le protecteur du citoyen, Marc-André Dowd, soulignait d’ailleurs que des lacunes «préoccupantes» continuaient de nuire à la mise en œuvre des 142 recommandations formulées dans le cadre de la Commission Viens. Dans son rapport, M. Dowd désignait «le contexte actuel de restriction budgétaire et la non-reconduction de certains financements» comme des facteurs pouvant compromettre «plusieurs acquis et […] même entraîner des reculs».
«La priorité des priorités»
Par-dessus tout, l’exercice budgétaire ne doit pas servir de prétexte pour «détourner le regard», alerte Francis Verreault-Paul.
«La priorité des priorités», nomme-t-il, doit demeurer le projet de loi 1. «Ça doit tomber, ça doit être retiré. C’est irrécupérable. Pour nous, ça reste la priorité actuellement».
– En collaboration avec Olivier Bossé