Droits de douane: des bonifications temporaires à l’assurance-emploi prolongées

La Presse Canadienne | 6 avril 2026 | 15:16
Des travailleurs de l'acier qui s'affairent à leurs tâches, dans une usine d'ArcelorMittal Dofasco à Hamilton, en Ontario. Photo prise le 12 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette

Alors que les répercussions des droits de douane américains continuent de se faire sentir sur plusieurs industries au pays et leurs travailleurs, Ottawa a annoncé la prolongation de certaines mesures temporaires bonifiant l’assurance-emploi qui devaient arriver à échéance à la fin de cette semaine.

Cette prolongation est de façon générale bien reçue par le Conseil national des chômeurs et chômeuses. Mais une des mesures prolongées le laisse toutefois perplexe.

Une des bonifications bien reçues a trait à la suppression de la «semaine de carence». Cette période d’attente est annulée; un travailleur qui demande des prestations d’assurance-emploi peut donc toucher des prestations dès la première semaine.

Le gouvernement fédéral estime que 632 000 demandeurs supplémentaires devraient bénéficier de cette mesure.

Une autre bonification qui est prolongée permet de ne pas avoir à écouler ses indemnités de fin d’emploi, comme la paie de vacances ou le crédit des congés de maladie, avant de pouvoir toucher des prestations d’assurance-emploi.

Ottawa estime que 136 000 demandeurs supplémentaires devraient bénéficier de cette mesure suspendant le traitement des sommes versées au moment de la cessation d’emploi.

Ces deux mesures devaient arriver à échéance le 11 avril; elles sont prolongées jusqu’au 10 octobre.

«On vient de passer pratiquement un an sans délai de carence, sans le traitement des indemnités de fin d’emploi et le soleil se lève le matin et la lune arrive de soir. Il n’y a pas eu de grand bouleversement du programme d’assurance-emploi. Donc, ça montre véritablement que ces mesures-là, en temps normal, ne sont que des obstacles inutiles, et non nécessaires, qui bloquent l’accès des travailleurs à des prestations auxquelles ils ont droit», a jugé en entrevue lundi Milan Bernard, co-porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses.

Il estime que ces deux mesures, bienvenues, devraient tout simplement devenir permanentes, et non temporaires et prolongées de six mois en six mois.

La troisième mesure prolongée permet aux travailleurs concernés de toucher 20 semaines supplémentaires de prestations s’ils sont considérés comme des «travailleurs de longue date».

Le gouvernement fédéral estime que 43 500 demandeurs supplémentaires devraient bénéficier de cette mesure accordant 20 semaines supplémentaires de prestations aux travailleurs de longue date.

Cette mesure est cette fois dénoncée par le Conseil national des chômeurs et chômeuses, qui la juge discriminatoire envers certaines catégories de chômeurs.

«On crée, d’une certaine manière, une catégorie de travailleurs, travailleuses, qui ont droit à certaines prestations, et d’autres qui n’y ont pas droit, seulement pour des motifs comme l’ancienneté ou bien le fait qu’une industrie en particulier n’a pas eu à être touchée par des bouleversements économiques», déplore M. Bernard.

La ministre fédérale de l’Emploi, Patty Hajdu, a expliqué cette prolongation des bonifications temporaires par le fait que «le programme d’assurance-emploi demeure un filet de sécurité essentiel qui est conçu pour aider les Canadiens lorsqu’ils en ont le plus besoin. En cette période d’incertitude, ces mesures aideront les travailleurs à obtenir le soutien du revenu dont ils ont besoin».